Nous avons parlé des lois, des structures juridiques, des impôts et taxes… Comment s’y retrouver et choisir la structure adaptée pour son entreprise ? Il n’y a pas de « bonne » ou « mauvaise » structure… tout dépend de votre projet d’entreprise :
- Risques financiers : un développeur de site internet freelance n’a pas les mêmes niveaux de risques financiers et juridiques qu’un restaurant ou un fabricant de meubles qui emploient 15 salariés. Evaluez les besoins en capital et le risque financier de votre projet (nous y reviendrons dans la prochaine partie. Faites plusieurs plans financiers (un « optimiste » et un « pessimiste ») pour évaluer plus finement ces deux chiffres.
- Situation familiale : comparez les différentes structures juridiques et les conséquences possibles suivant votre situation familiale, en particulier vis-à-vis de votre conjoint/ conjointe si vous êtes marié / mariée. De même, si votre conjoint va aussi participer au projet soit en apportant du capital et/ou en y travaillant. Si votre entreprise fait des pertes, ou fait faillite, quelles seraient les conséquences sur votre patrimoine personnel, celui de votre conjoint ou/et familial commun (si cela existe dans les lois matrimoniales de votre pays) ?
- Seul ou avec des associés : une autre question très importante est le nombre d’associés à votre projet. Si vous êtes à plusieurs, cela exclut la structure d’entrepreneur individuel. Comparez les caractéristiques des structures juridiques dans votre pays (nombre minimal et maximal d’associés, capital minimal, frais et procédures d’enregistrement, exigences fiscales et comptables…), et classez-les en avantages et inconvénients suivant la nature de votre projet.
💡Comment choisir ? Dans tous les cas, la première étape est de rassembler des informations fiables sur les structures juridiques, les impôts et autres contributions.
L’union fait la force
Se lancer seul n’est pas toujours la meilleure option. Travailler à plusieurs comporte des avantages : apport en capital plus grand, ou effort financier partagé entre plusieurs personnes ; discussion des idées et critique constructive : des points de vue différents évitent de s’enferrer dans une idée qui ne va pas marcher ; partage des tâches et du travail ; prise de décision collective (cela évite la solitude de l’entrepreneur seul à tout faire et tout décider).
- Trouver des partenaires :
- Financier : le partenaire se joint au projet en apportant un financement, comme associé ou actionnaire. Ce peut être quelqu’un que vous connaissez déjà, ou un financier professionnel (« business angel ») qui cherche à investir.
- Travail : le partenaire cherche des partenaires qui soient complémentaires : l’un a une expérience de vente par exemple, et l’autre une expérience de gestion et finance. L’un arrive avec un carnet d’adresses bien rempli et l’autre est un as du marketing, etc. Se mettre à plusieurs avec les mêmes compétences peut priver l’entreprise de compétences dans d’autres domaines, et être source de tensions (avis divergents sur le même domaine).
- Les deux : bien sûr… Dans tous les cas, vous devez élaborer un business plan (projet d’entreprise) solide pour convaincre les partenaires potentiels.
- Définir qui fait quoi : discutez, et écrivez un document clair qui définit qui fait quoi, dans la gestion quotidienne, mais aussi dans la prise de décision. Prenez modèle sur les définitions de fonction de cadres dirigeants pour la définition des tâches et responsabilités respectives. Mais mettez au clair aussi comment les décisions seront prises, surtout en cas de désaccord (vote secret à majorité simple ?). En particulier, si un des partenaires ne se joint au projet que pour le financer, soyez clair sur le contrôle qu’il exerce sur la gestion de l’entreprise et les décisions.
- Se mettre d’accord sur le partage des pertes et des bénéfices avant même de commencer est fondamental. Les disputes sur l’argent entre partenaires… sont fréquentes. Donc écrivez un document clair, signez-le et déposez un exemplaire chez un tiers de confiance.
- Tenir les comptes précisément : on ne peut que recommander prendre les services d’un comptable professionnel et sans relation avec aucun des partenaires pour tenir la comptabilité du projet, y compris dans sa phase de démarrage.
- Communiquer clairement entre partenaires. Faites des points réguliers, même si tous les partenaires sont surchargés. La mauvaise communication peut être source de tension et conflits qui mettent en danger l’entreprise.
🚩Si votre partenaire en affaires est aussi votre partenaire dans la vie, attention ! 1) Si l’affaire ne marche pas bien, vous serez tous les deux sans revenu. 2) Les tensions ou désaccord au travail, ainsi que la charge de travail de gérer une entreprise peuvent affecter votre couple, voire finir en divorce. Réfléchissez à deux fois ! Il est plus prudent que l’un garde un emploi salarié pour payer les engagements (loyer, factures…) et dépenses vitales (nourriture…).
On résume les étapes !
- Etude de marché : que les gens sont-ils prêts à acheter ?
- Valider faisabilité de l’idée
- Ajouter de la valeur à l’idée
- Déterminer les canaux de vente
- Fixer les prix de vente
- Calculer le business plan
- Calculer le capital nécessaire.
- Enquêter sur les structures juridiques et la fiscalité
- Peaufiner le business plan (structure juridique, impôts)
- Si partenaires, écrire un document sur le partage des tâches, et des pertes et profits, et sur les modalités de prise de décision
- Choisir le nom et l’adresse de l’entreprise
- Ecrire les statuts
- Déposer les statuts et le capital pour faire enregistrer l’entreprise.
Et si votre projet a une vocation sociale ? Votre but n’est pas vraiment de faire du profit, mais de rendre un service d’intérêt général par exemple. Renseignez-vous sur les différents statuts d’entreprises sociales et/ou d’associations et leurs obligations fiscales. Vérifiez en particulier quel statut vous pouvez avoir si vous voulez vous rémunérer et vivre de votre activité. En effet, dans beaucoup de pays, le président d’une association par exemple, n’est pas « un chef d’entreprise », et n’a pas le droit de se rémunérer.